Vu, lu, entendu – jeudi 25 août 2011
Publié le : 25 août 2011
L’Asie, l’assainissement, l’industrie : ces trois sujets abordés lors de la Semaine Mondiale de l’Eau à Stockholm (21-27 août 2011) confirment une fois encore si c’était nécessaire que l’accès à l’eau concerne aussi bien la croissance économique que la santé, et dépasse les simples politiques d’aménagement.
L’accès à l’eau, un enjeu au-delà des politiques publiques

Un REgard sur l'Asie : les partenariat pour l'eau - Comment l'asie peut faire plus? (credit- Thomas Henrikson-SIWI:210)
Dans les comptes-rendus publiés mercredi et jeudi sur les débats tenus à Stockholm, une grande place est faite au séminaire « Un regard sur l’Asie ». Pourquoi une table ronde sur l’Asie ? Les partenariats pour l’eau impliquant les différents secteurs (industrie, agriculture, villes) y fleurissent et deviennent des modèles pour le reste du monde, en particulier en Amérique latine et en Afrique.
Andre Dzikus, de UN-HABITAT, donne ainsi l’exemple de la ville de Nanjing en Chine. Après deux ans passés à nettoyer le système fluvial, le tourisme et les activités liées à l’eau ont augmenté et l’économie a connu un développement sans précédent avec un boom de 600 millions de dollars US.
L’Asie montre ainsi « qu’il y a de nouvelles solutions à d’anciens problèmes ; et la meilleure façon de relever le défi de l’eau est de mettre en avant les revenus que l’on peut en tirer », conclue Paul Reiter, Directeur exécutif de l’International Water Association.
Parmi les Objectifs du Millénaire pour le Développement les plus vitaux, l’accès à l’assainissement est aussi celui qui risque le plus de ne pas être atteint. Alors que le taux de couverture de l’assainissement diminue, un rapport du PNUE montre pourtant que le manque d’eau et d’assainissement n’est pas une fatalité. Selon ce rapport, un investissement de 198 milliards de dollars (137 milliards d’euros) par an, soit 0,16 % du PIB mondial, permettrait de réduire de moitié et en moins de quatre ans le nombre de personnes privées d’un accès à l’eau potable et à un réseau d’assainissement élémentaire. Pas étonnant donc qu’une table ronde des Nations Unies souligne l’urgence qu’il y a à « faire de l’assainissement un sujet à la mode ».
Et, parce que le secteur privé a besoin de l’eau tout comme l’eau a besoin des compétences du secteur privé, celui-ci se doit de jouer un plus grand rôle dans l’accès à l’eau. C’est la conclusion d’un débat sur ce sujet : les industriels peuvent apporter leur savoir-faire, leurs compétences, leur aide et leur investissement. L’industrie agro-alimentaire, dépendante des ressources en eau, doit plus particulièrement s’investir dans ce domaine. Peter Brabeck-Lemathe, Président du groupe Nestlé insiste : « les industriels, et dans mon cas, l’industrie de l’alimentation, doit jouer son rôle, et doit le faire pour sa propre survie ; mais c’est aux gouvernements que doit revenir le rôle de leadership ».
Lancement du Programme Eau, Climat et Développement
Lieu de débat, la Semaine Mondiale de l'Eau voit aussi des actions se concrétiser. Le partenariat mondial pour l’eau et l’AMCOW (African Ministers' Council on Water - Conseil des ministres africains pour l’eau) ont par exemple lancé un programme en commun pour intégrer les conséquences du changement climatique et les adaptations nécessaires pour y résister tout en assurant l’accès à l’eau.




