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Opinion par…


Publié le : 19 septembre 2011

Ali Kies, ancien Directeur du département eau et assainissement de la Banque africaine de développement (BAD) et membre du comité scientifique du programme pour l’accès à l’eau et à l’assainissement de la fondation Chirac.

Fondation Chirac - Ali Kies

Ali Kies

Les neuf pays riverains du bassin du Niger font face à de nombreux défis en termes de développement et d’utilisation des ressources en eau : les économies de ces pays sont fortement tributaires de la ressource en eau pour l’agriculture, l’élevage, l’alimentation en eau potable et l’assainissement, l’énergie, la pêche et la navigation fluviale. Malgré le potentiel important en ressources naturelles offert par le Bassin, les populations de ces pays vivent des conditions assez précaires et sont souvent confrontées à la famine. Les principales contraintes identifiées concernent : la dégradation des sols, le manque d’eau, la perte de la biodiversité, les inondations et la détérioration de la qualité de l’eau. Ces problèmes sont amplifiés par la mauvaise répartition spatiale et temporelle de la ressource dans cette région. Pour toutes ces raisons, les interventions du Groupe de la Banque dans cette région ciblent à la fois le renforcement du système de suivi hydrologique du Bassin et l’amélioration du taux de desserte en eau potable et en assainissement des populations de ces pays.

Dans le domaine de l’accès à l’eau et à l’assainissement, la Banque finance actuellement, dans le cadre de l’Initiative pour l’Eau Potable et l’Assainissement en milieu rural, plusieurs projets dans les pays du Bassin du Niger, à l’exception de la Côte d’Ivoire, pour un montant total de 317 millions d’Euros. Au niveau de l’assainissement en milieu urbain, la Banque finance également deux projets au Cameroun et en Côte d’Ivoire pour un montant total de 53 millions d’Euros. Ces projets ont pour objectif sectoriel de contribuer à l’amélioration des conditions socio-économiques et sanitaires des populations des pays du Bassin du Niger. Spécifiquement, ils ont pour objectif prioritaire d’améliorer la desserte en services d’eau potable et d’assainissement dans ces pays.

En outre, la Banque cofinance, à travers la Facilité africaine de l’Eau, un projet pour l’élaboration d’un système d’observation hydrologique du Bassin. Le coût total de ce projet est de 5,16 millions d’Euros avec un financement de la FAE de 1,2 million d’Euros. L’un des objectifs de ce projet est de contribuer au développement économique à long terme par la réduction de la pauvreté, l’amélioration des conditions de vie des populations, le renforcement de la santé, et de la sécurité alimentaire.

Les moyens manquants sont énormes pour que le droit à l’eau soit une réalité dans les faits. Au-delà des moyens financiers, il est important de prendre en compte les besoins en renforcement des capacités de mise en œuvre et de gestion des projets dans les différents pays. De même, l’engagement des pays, à travers les priorités arrêtées dans leurs documents de stratégie de réduction de la pauvreté, devra être mieux réaffirmé pour garantir un financement conséquent et durable du secteur de l’eau et de l’assainissement.

 

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