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Pour un financement innovant spécifique à l’eau


Publié le : 5 septembre 2011

Jean-François Rial, Président-Directeur général de Voyageurs du Monde, défend un tourisme responsable respectueux des ressources locales, et plaide pour l’instauration d’un financement innovant spécifique à l’eau. Car, selon ses propres termes, l’accès à l’eau potable est “le défi le plus important” pour l’ensemble de l’humanité.

Fondation Chirac - Jean-François Rial (Crédits : Ph.Grollier côté mappemonde )

Jean-François Rial (Crédits : Ph.Grollier, côté mappemonde )

L’accès à l’eau potable pour l’ensemble de l’humanité a été défini par l’Organisation des Nations Unies comme l’un des Objectifs du Millénaire pour le Développement. L’eau étant à la source de toute activité humaine, il s’agit sans doute du défi le plus important. Pour répondre à l’ensemble des priorités définies par l’ONU, l’aide publique annuelle au développement doit atteindre 150 milliards de dollars pendant 15 ans. Or, les États donateurs ne fournissent aujourd’hui que la moitié de cette somme. Les financements innovants, en jouant un rôle d’« impôt mondial citoyen », constituent un complément additionnel idéal pour remplir ces objectifs. Ainsi, la mise en place d’un financement innovant spécifique à l’eau serait parfaitement légitime.

Pourquoi ne pas créer un financement à partir d’une activité qui profite de la mondialisation ? Imaginons par exemple que l’intégralité ou une partie de la taxe sur les transactions financières ou sur le tabac soit affectée à l’approvisionnement en eau potable. Imaginons la création d’une taxe sur la consommation en eau des entreprises mondiales qui financerait l’accès à l’eau potable du milliard d’individus qui en est aujourd’hui privé. Et pourquoi pas une taxe mondiale sur les engrais ?

En tant que voyagiste, je pense que le tourisme responsable peut d’une manière indirecte également contribuer aux aménagements d’accès à l’eau potable pour tous. En effet, la présence potentielle de voyageurs impose la mise en place de l’eau potable : sans eau potable, pas de touriste ! Ces installations doivent alors profiter aux populations locales. Par ailleurs, l’activité touristique peut participer au financement de ces installations à travers les revenus qu’elle génère. Ainsi, dans certaines zones du Sahara, des puits ont été remis en fonctionnement grâce au passage de touristes. Bien entendu, le tourisme ne peut contribuer à résoudre ce défi majeur qu’à condition d’être « responsable ». Que dire des infrastructures indécentes qui s’approprient la majorité des ressources en eau d’une région… Il en va d’une prise de conscience collective. Le problème de l’eau est notre problème à tous.

 

 

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