Opinion par…
Publié le : 3 octobre 2011
Habib Ouane, Ministre de l’Énergie et de l’Eau du Mali : “La Gouvernance mondiale des cours d’eau internationaux”. Il développe dans ce texte sa vision des enjeux du Forum “Solidarité pour l’eau dans les pays du bassin du Niger”.
La Déclaration du millénaire des Nations Unies a fixé les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) notamment la réduction de moitié à l’horizon 2015, du pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre et propre. Cet objectif a été consacré « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». Ainsi, les États et les organisations internationales ont été invités à fournir des ressources financières et à renforcer les capacités d’intervention des États dans l’accès à l’eau et à l’assainissement.
Dans notre région, il existe déjà l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) érigée sur des principes de coopération, de solidarité, d’équité et de réciprocité entre les pays membres, autour des ressources en eau. Ces principes sont reflétés dans une Vision Partagée, un Plan d’Action pour le Développement Durable du Bassin du Niger, un programme d’investissements 2008-2027 mettant l’accent entre autres, sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et une Charte de l’Eau qui définit les droits et obligations issus des principes de gestion et de bonne gouvernance.
Dans la région du Bassin du Niger, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est beaucoup mieux développé en zone urbaine qu’en zone rurale où il a même diminué, le taux de couverture étant environ deux fois plus élevé en zone urbaine.
Au Mali, le secteur de l’eau et de l’assainissement évolue dans un environnement institutionnel marqué par le désengagement de l’État des actions opérationnelles avec le transfert de la maîtrise d’ouvrage de projets d’eau et d’assainissement aux collectivités territoriales et à des entités publiques ou privées. L’intervention de l’État se fait désormais à travers le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) 2007-2011, les politiques nationales de l’eau et de l’assainissement, la Stratégie Nationale de Développement de l’Alimentation en Eau Potable au Mali et celle de l’assainissement.
À titre d’information, le taux national d’accès à l’eau potable est de 75,5 % en fin 2010, contre 73,1 % en 2009 tandis qu’en matière d’assainissement, les prévisions du CSCRP indiquent que l’accès des ménages à un service d’assainissement liquide adéquat devrait passer de 20 % en 2006 à 35 % en 2011 et 50 % en 2015, les besoins financiers dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, s’élevant à plus de 40 milliards de francs CFA par an.
Le principal enjeu lié à un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement des populations dans la région du Bassin du Niger reste donc l’accroissement du niveau des financements du secteur pour permettre la réalisation d’infrastructures d’eau potable en vue d’atteindre les OMD.
C’est pourquoi, le Forum « Solidarité pour l’Eau dans les pays du Bassin du Niger » que la fondation Chirac envisage d’organiser au Mali en octobre 2011, devrait constituer un espace de réflexion approprié pour :
1. renforcer la coopération et la solidarité entre les États ;
2. mettre en place des cadres de plaidoyer pour faire face aux besoins financiers du secteur ;
3. mettre en œuvre des projets et programmes d’eau et d’assainissement intégrant la dimension du handicap ;
4. accentuer l’Information, l’éducation et la communication (IEC) autour de la protection des ressources en eau à travers notamment une large diffusion de la Charte de l’eau du Bassin du Niger et du Code de l’eau du Mali et préparer le 6ème Forum Mondial de l’Eau prévu à Marseille en mars 2012.





