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Wangari Maathai devient membre du comité d’honneur de la fondation Chirac


Wangari Maathai et Jacques Chirac rue de Lille (Crédit photo : Eric Lefeuvre)

Wangari Maathai et Jacques Chirac rue de Lille (Crédit photo : Eric Lefeuvre)


A l’occasion d’un séjour à Paris, le prix Nobel de la Paix 2004, Wangari Maathai a rencontré Jacques Chirac le 14 novembre 2008. Parce que tous deux œuvrent pour la sauvegarde de la biodiversité et partagent le même attachement à la protection des cultures, il était tout naturel que Jacques Chirac invite Wangari Maathai à devenir membre du Comité d’honneur de sa fondation. Une proposition que la fondatrice du Green Belt Movement (Mouvement de la Ceinture verte, GBM) a acceptée avec émotion.

La discussion fut chaleureuse dans le bureau de Jacques Chirac. Wangari Maathai, très heureuse de revoir celui qui l’avait décorée de la Légion d’honneur en 2006, a pu remercier l’ancien Président de la république de l’aide et du soutien qu’il lui avait apporté il y a quelques années. Grâce à lui, a-t-elle rappelé, son organisation a lancé un programme d’actions, en partenariat avec l’Agence française de développement, pour la protection des forêts du Kenya. Ce programme permet aussi de donner de l’eau à la ville de Nairobi, a-t-elle précisé.

« Perdre sa culture, c’est perdre une partie de soi-même « 

Car, comme la fondation Chirac, le GBM agit pour la reforestation, la protection des cultures ou encore pour l’accès à l’eau potable. Chers à tous deux, ces thèmes ont largement nourri leur entretien. Ainsi Jacques Chirac a-t-il redit à Wangari Maathai combien la protection des forêts lui tenait à cœur. « Lorsqu’il y a déforestation, il y a des conséquences graves pour les langues et les cultures traditionnelles des forêts. Les hommes et les femmes qui portent ces cultures disparaissent et adoptent des cultures qui leur sont étrangères, celles qui bordent leurs forêts.», s’est insurgé Jacques Chirac. Une analyse que reprend également son amie kenyane : « perdre sa culture, c’est perdre une partie de soi-même », a-t-elle déploré. Et de poursuivre : « Pour moi, la perte des cultures en Afrique est un élément d’explication de la perte de vitesse de ce continent. Parce que l’Afrique ne s’est pas trouvée elle-même, faute de préserver ses cultures, elle perd des capacités de développement. ».

Des projets pour l’Afrique de l’Est

Que faire alors ? Loin de s’arrêter à de simples constats, tous deux envisagent une action commune. La fondation Chirac espère que le projet qu’elle soutient pour les forêts du bassin du Congo avec le Tropical Forest Trust pourra être repris en Afrique de l’Est où travaille déjà le GBM de Wangari Maathai. Celle-ci, très intéressée par ce projet (1), souligne également l’urgence à travailler « pour arrêter la progression du désert du Sahara et la création de micro-Sahara ». Surtout, le prix Nobel de la Paix s’est félicité de la nouvelle collaboration qui s’annonce, car, a-t-elle dit, « le changement climatique aura un impact fort sur l’Afrique, il est donc essentiel que le continent s’adapte en protégeant ses forêts. C’est notre travail, avec le GBM, de faire comprendre cela aux dirigeants africains. Vous-même, avec votre fondation et votre influence en Afrique, vous pouvez avoir un rôle décisif pour convaincre de l’urgence à protéger nos forêts. ». Conclusion de cette rencontre ? Forts d’une vision commune, Wangari Maathai et Jacques Chirac s’engagent à relever, main dans la main, les défis sur lesquels travaillent leurs deux organisations.

Capucine Samuel-Lajeunesse

(1) Wangari Maathai a visité la station de radio Biso na Biso, à Pokola, en République du Congo, lancée par le Tropical Forest Trust et la fondation Chirac. L’objectif de cette radio est de renforcer l’implication des pygmées et des populations locales dans la gestion des forêts en coopération avec les compagnies exploitantes.
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Le Comité d’honneur de la Fondation

Biographie de Wangari Maathai :

En 2004, la kenyane Wangari Muta Maathai a reçu le prix Nobel de la Paix pour son travail pour la protection de l’environnement. Son organisation, the Green Belt Movement, le plus grand projet de reboisement d’Afrique, commence son action au niveau national en 1977, avant de franchir les frontières, via le Panafrican Green Belt Network. Le Green Belt Movement allie lutte pour l’environnement et combat féministe, cause pour laquelle Wangari Maathai est très engagée. Ce mouvement permet d’améliorer le niveau de vie des femmes en leur offrant un travail et une formation. Il contribue à la protection de l’environnement en plantant des milliers d’arbres au Kenya et incite ses voisins à prendre exemple. A travers cette organisation et ses postes divers et variés dans des institutions et organisations mondiales, Wangari Maathai lutte activement et avec passion pour l’environnement, les droits de l’homme, mais surtout ceux de la femme, la bonne gouvernance, la justice et la paix.


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